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Qui sommes-nous ?

jeudi 1er avril 2010, par Ben, gepeto, sarah

Parce que cette association est d’abord une association de personnes, voici les cheminements de nos vies, qui nous ont mené à la Fabrique du Libre.

Ben

Difficile de définir ce qui a pu m’amener à être à la Fabrique du Libre...
Sans doute des choix effectués parmi les chemins des possibles. Bon, je m’attarde pas trop sur l’enfance, donc je vais le faire en mots clés. Fils de Gendarme qui vit en ZUP et fréquente les ZEP, malade la plupart du temps, vie en caserne par la suite, incompréhension réciproque avec l’éducation nationale... Puis départ à Saint Naz, je découvre une vie plus tranquille. Des potes, des idéalistes, bref mon cerveau commence à assimiler 2 ou 3 trucs. C’est là que je rencontre Sarah.

Je reprend goût aux études à l’étranger (Pays Bas puis Finlande), où je pars après mon DUT Génie Civil. J’y apprend l’Ingénierie Environnementale, le Management et des langues. Là bas, on apprend à apprendre, pas à se faire laver le cerveau plus blanc que blanc. La critique est autorisée, tant qu’elle est constructive...

Par la suite (et même pendant les études), je m’intéresse aux solutions plus « roots », à la biochimie plutôt que la chimie brute, à l’obtention de besoins de manière physique sans apport énergétique produit par l’homme et ses grosses centrales nucléaires dégueulasses, les constructions alternatives, les solutions plus simples...

En rentrant de Finlande, je passe un petit moment à galérer pour problème de santé, puis opération. En sortant de ça, je me dis « merde, faut que j’aille au turbin ! », raser ma crête, oublier les belles idées, se conformer ?

Heureusement, je rencontre Jeff, un mec spé comme je les aime. Il me parle de Libre, d’informatique... Il me propose du boulot dans une asso qui n’a pas de tunes, ni de compte en banque. Ça me plait et c’est parti pour l’aventure.

A présent, la permaculture, le lombricompostage, ... et le php/MySqL sont mes intérêts. L’idée étant à travers des vidéos et des applications Web de parvenir à passer un message et donner des outils pour permettre la mise en pratique.

Site en cours :

http://www.e-coplace.org/

http://www.e-cosystems.org/

Jeff

Je bricole depuis tout petit, j’ai grandi dans un milieu de création. Mon père m’a donné le goût de toucher à tout et a cultivé une curiosité insatiable. Tout se fabriquait chez moi, se réparait. Nous avions un mini labo photo et je fabriquais mes propres produits - révélateur, fixateur. Le projecteur était monté sur une hausse de lunette de visé venant des canons de 75 des blockhaus allemand récupérée par mon père après la guerre. Il y avait une pièce pour l’électronique ; nous y avions fait toute notre chaine HIFI, de l’ampli à lampes aux murs d’enceintes. Puis il y avait les bateaux. J’ai aidé là encore mon paternel pendant 10 ans à construire son ketch et tant d’autres choses.

Pour moi il est naturel de construire son environnement.

J’ai découvert l’informatique dans les années 80 et dévoré les manuels. Je n’ai rien trouvé d’intéressant dans les études d’ingénieur qu’on me proposait : la vie était plus passionnante. Je me suit marié et j’ai eu ma première fille. J’avais 20 ans. Puis j’ai eu deux autres enfants.
J’ai directement travaillé comme analyste-programmeur, et j’ai rencontré d’autres gens exceptionnels qui m’ont appris UNIX et la culture des grandes entreprises. Pendant 15 ans j’ai essayé de concilier la création, l’usage et l’entreprise, concilier aussi ma vie de famille, les enfants dont je me suis occupé seul, le travail, le reste... Puis ce fut le rachat de la société par une plus grosse, la mise dans un tiroir de 10 ans de travail, la découverte de la subordination au capital. Et la découverte de la pensée des logiciels libre, avec le chômage... qui m’ont libérés.

J’ai rencontré alors le monde associatif, Linux-Nantes, passé 7 ans avec APO33. Des personnes extraordinaires m’ont ouvert encore plus les yeux, l’art s’est mêlé à la philosophie, à la politique. J’ai développé mon sens critique, j’ai lu, et lu, Debord, les situationistes, Charbonneau, Ellul, Illich, Anders... Ma vie a pris son sens, une profondeur. J’ai milité à temps plein pour le logiciel libre, pour l’art et la culture libres, j’ai créé APODIO avec Julien Ottavi, j’ai œuvré avec les alter-mondialistes sur 5 forums sociaux mondiaux et européens pour faciliter la mise en place des web-radios et l’autonomie technique dans la création.

Puis nous avons remodelé APO33 : l’association Constellatio pour les approches plus philosophique, l’association ECOS a lié art et écologie, et j’ai créé La Fabrique du Libre sur les questions de l’autonomie informatique et technique.

Ensuite la rencontre avec Sarah et Benjamin a fait définitivement basculé la FDL sur une position écologique voir d’écologie ’dure’.

Sarah

J’ai grandi au sein d’une famille militante, dans une ville ouvrière avec une forte culture syndicale. Sans-papiers, féminisme, droits du travail, écologie... Cet univers m’est familier, il me semble impossible de ne pas se bouger pour faire vivre ses idées.
Si mes grands-parents étaient artisans, maraîchers, mes parents ont pris l’ascenseur social : infirmier, professeure. Avec l’idée que la fonction public rend un service public, malgré les faibles moyens.

Et l’éducation. Comme cela paraissait évident, à l’époque, que faire des études amenait à un travail stable, rémunérateur ! Aujourd’hui, mes préoccupations ne sont pas les mêmes. À quoi bon un travail stable s’il est inintéressant, ou si je n’ai pas la possibilité de m’y accomplir ? Et que faire d’un revenu important, lorsqu’on vit dans la simplicité volontaire ?

Pourtant, j’ai joué le jeu : à l’université, bien sûr. Maîtrise d’informatique, cette science nouvelle pleine de promesse d’emploi - à une époque où le chômage était déjà quasi-obligatoire avant de décrocher un poste (mais la folie des stages n’était pas encore répandue). Et un domaine fascinant pour mon esprit cartésien attiré par la Science-Fiction et les jeux de rôle. Le mythe du hacker, qui se rapprochait du mage, me trottait dans la tête, dans ces années 2000. L’échec d’un double cursus sociologie/informatique ne m’encourage pas à continuer au-delà de la première année du DEUG de socio.
Le monde universitaire, ses luttes, me plaisent bien. L’image de l’entreprise avilissante me rebute. Alors je continue : Master Recherche Interaction Humain/Machine -et non homme/machine, quoiqu’en disait le directeur de la formation, puis une thèse en Traitement Automatique du Langage Naturel. Deux années passent avant que je ne me rende compte de l’inutilité de ce que je fais.

Parallèlement, le militantisme n’a pas quitté ma vie. Chez les Jeunes Verts, où je suis entrée grâce à ma soeur, je fais partie de l’exécutif fédéral. Deux, puis trois années. Je saisis une opportunité pour voyager avec les Jeunes Verts Européens, la [FYEG]. Une fois sur cette pente, je continue : déléguée à l’international chez les Jeunes Verts en France, je parcours l’Europe, puis je vais au congrès fondateur des Jeunes Verts Mondiaux, où je suis élue au comité de direction, dans une équipe de 16 personnes. Avec le groupe local de Nantes, où je m’investis dans le bureau, je suis de toutes les luttes de terrain : CPE, lutte contre les dérives sécuritaires (au moment du Front National au 2e tour des présidentielles), féminisme, ...

Tout cela ne me laisse pas beaucoup de temps pour ma thèse. En même temps, les conditions se dégradent : peu de perspectives sans partir à l’étranger, une université monolithique quasi-impossible à changer (pas avant d’avoir des responsabilités et un poste fixe ; en tout cas pas en tant que doctorante !), de la recherche coincée avec des projets devant déboucher sur des perspectives financières et travaillant difficilement de manière transversale.

Ma rencontre avec Jeff à un forum social européen change la donne. Je découvre le monde associatif, militant, une autre manière de travailler. La possibilité de choisir sa vie.

C’est en 2008 que je franchis le miroir. Le hacking n’est plus un mythe, mais une réalité. Vivre dans un éco-lieu n’est plus un rêve lointain d’étudiante. Ma vie est ce que j’en fais, au sein de la Fabrique du Libre. J’ai rejoins Jeff et Ben, ami de longue date, depuis le lycée.

Et je continue à militer. Je suis maintenant chez les Verts, tout autant active. Candidate deux fois (cantonales en 2007, régionales en 2010), je m’investis aussi en interne : commission féminisme, logiciels libres, nouvelles technologie avec les ecologeeks d’Europe Écologie. À Nantes, j’étais membre du CA départementale. À Martigné-Ferchaud, je suis la seule Verte du coin. Le militantisme est différent : plus proche de chacun. Il ne s’agit plus de convaincre une masse inconnue de personnes, mais mes voisins, plus ou moins proches. Des cafés-débats naissent, je fréquente des personnes militantes - ou futur militant-es ?

Sur la Fabrique du Libre. Je suis certainement sur-diplômée par rapport à ce que je fais. Je suis payée au SMIC, et j’en suis entièrement satisfaite. Je consomme peu, sans me priver de rien. Je mets de l’argent de côté pour une éventuelle auto-construction de maison en paille ou autre.
Appelez cela décroissance, sobriété ou simplicité volontaire. C’est simplement le moyen de choisir mon activité, à mon rythme.