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les objets libérés

jeudi 29 novembre 2007, par gepeto

Un billet sur la recherche d’une certaine liaison entre l’air et la terre, le logiciel libre et sa vision des choses et celui des choses et la vision qu’on pourrait en avoir...

L’objet matériel libéré est un objet donné, libéré de sa charge économique, de son temps.

Ce matériel a été fabriqué, vendu et utilisé. Il n’est pas donné à quelqu’un comme un cadeau, témoignage d’une valeur affective, mais à tous à travers son représentant symbolique. Il n’est pas jeté comme mort, comme un déchet, mais confié comme source de création au collectif.

De ce fait, il n’est pas oublié comme un déchet mais tracé et repéré comme le nouveau support d’une activité.

Le don rompt la chaîne, le cycle habituel du achetez/usez/jettez ; le don est un acte volontaire ; c’est aussi une volonté qu’on appose à l’objet comme une licence de l’objet libre ; c’est une charte éthique ; il concerne le ou les futur-e-s utilisateur-trice-s et les lie par l’usage.

Le matériel libéré ne peut être la propriété d’une nouvelle personne en tant que tel, il peut être transformé, ré-utilisé, mais ni l’objet ni les parties avec lesquels il re-compose une nouvelle chose, n’appartiennent à quelqu’un, mais bien à tous. La passation de la charge, la responsabilité écologique qu’il représente se fait à travers la charte.

L’usager est le responsable temporaire de la bonne fin écologique de l’objet.

Cela fait de l’objet un objet durable.

Si l’objet ou ses parties sont utilisés dans la construction d’un nouvel objet, celui-ci prend à son tour le statut d’objet libéré. Dans le sens où le créateur a le devoir d’informer sur la composition de l’ensemble du nouvel objet et aussi de signifier l’existence des anciennes parties et leur provenance en tant que partie d’objet libéré.

vision douce Seul l’idée du don initial subsiste. À l’appréciation du créateur-trice, le nouvel objet peut ou non devenir un objet libéré dans sa totalité et devenir un don. Mais il doit informer du fait.

vision dure Le nouvel objet devient à son tour un don dans sa totalité.

L’idée est de séparer le plus rapidement possible la valeur d’usage de la valeur d’échange. La valeur d’usage pourrait être rapprochée du travail de l’auteur, artisan ou industriel ; elle est dans l’approche de la GPL [1], d’un rapport un à un, c’est à dire que le travail nécessaire à la fabrication trouve une et une seule fois une valeur dans l’échange, une et une seule fois une rétribution. Ensuite, sa valeur n’est que celle attribuée par l’utilisateur, plus celle attribuée par le créateur. Comme il y a juste rétribution du travail dans la conception d’un logiciel, il y a rétribution sur l’objet physique. Comme ensuite pour le logiciel, et c’est une évidence de part sa nature numérique, sa valeur disparait devant celle de son usage. Pour l’objet physique, on peut penser qu’il ne vaut plus rien car il a déja été payé. Seule sa valeur d’usage a un sens. C’est une valeur dans l’espace social qu’on lui attribue.

Evidemment cela semble une utopie... Comment placer l’objet hors du commerce ? En le plaçant dans l’espace publique du don. Ce qui le rapproche du logiciel quant à sa non-valeur. Et fait surtout ressortir la part de l’usager dans la balance.

Notes

[1General Public Licence