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Les nouveaux lieux de l’invention collective

mercredi 31 mars 2010, par gepeto

Tiré de open_ars_-_2008_2009 sur APO33.org

Dispositifs et initiatives, lieux et locaux, événements et rassemblements de la technologie libre.

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Article de Patrice Riemens

Français

Définition : nous entendons par là les initiatives, lieux, et événements qui d’une part ont les technologies de l’information et de la communication comme base de leurs activités et d’autre part sont indépendantes, autonomes et auto-gerées, et qui sont, dans la mesure du possible, et au gré des circonstances qui diffèrent selon les pays, non-institutionalisées, ou le moins possible, et non-subventionnées, ou le moins possible. Il est évident qu’il est difficile d’établir pour cela des critères stricts et des frontières étanches, mais en tout état de cause, cela exclue les activités purement commerciales ou qui sont principalement orientées vers le profit - pour créatives, artistiques, innovantes ou co-operatives qu’elle soient.

L’auto-gestion est un principe de base de ces initiatives, lieux et événements. Celle-ci répond à un fort désir d’autonomie et d’indépendance des acteurs concernés, motivé par une certaine méfiance à l’egard des institutions culturelles et académiques existantes, mélé peut-être à quelque condescendance (souvent justifiée, d’ailleurs) par rapport aux compétences techniques de ces mêmes institutions. Ceci pour la théorie, l’on verra que la pratique peut être plus ’adaptive’ aux circonstances locales et particulières.

Le logiciel libre et/ou à code-source ouvert (en Anglais : ’F/OSS’ - Free and/or Open Source Software - ou bien ’FLOSS’ - Free/Libre and Open Source Software) est l’autre caractéristique essentielle de ces initiatives, lieux et événements. Contrairement à ce qui a trait à la gestion autonome et indépendante mentionnée plus haut, il ne souffre pas beaucoup de dilution ou d’adaptation. Entre logiciel libre et logiciel propriétaire, le choix est binaire et il est pratiquement absolu. Il peut y avoir quelques exceptions, certes - favorisant Apple plutôt que Microsoft. Et il faut également mentionner, même si elles ont moins trait à la présente discussion, les différences ’non triviales’ qui existent entre ’Free Software’ et ’Open Source Software’, par exemple au niveau des licenses d’exploitation.

Les acteurs/actrices qui opèrent dans ces domaines peuvent être, mais pas exclusivement, designés sous les termes de ’hackers’, ou bien d’’activistes technologiques’. Le premier de ces termes, ’hacker’, est certainement malaisé à définir, d’autant plus qu’il prête souvent, du fait d’une médiatisation mal informé ou abusive, à malentendu et confusion (peut-être peut-on lui préferer le terme de ’codeur/codeuse’). Quant aux ’activistes technologiques’, cela peut aller des militant/e/s politiques qui se sont investis dans les nouvelles technologies à des activistes avertis, tout en n’étant pas nécessairement rompus à ces mêmes technologies. Nous nous limiterons à dire que tous ces acteurs/actrices ont une connaissance, au moins théorique, et une maitrise certaine, sinon (très) poussée, des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de leurs outils.

Et bien sûr, pratiquement tou/te/s sont par ailleurs adeptes, pour ne pas dire zélateurs/zelatrices, du logiciel libre (’F/OSS’).

La notion de ’technologie libre’ étant ’naturellement’ liée avec la pratique et la philosophie du logiciel libre, il en resort une affinité quasiment tout aussi naturelle avec la contestation sociale du système socio-politique et économique actuel, là où celui-ci est principalement axé sur le commerce, le profit, la compétition et les valeurs individuelles (individualistes). Les lieux, réels ou numériques (’virtuels’), (semi-)permanents ou temporaires - les fameux ’TAZ’ de Hakim Bey - de la technologie libre valorisent eux aussi, contrairement au monde ’marchand’, la convivialité, le partage, la solidarité et la co-opération.

Cela étant dit, il y a un large éventail d’initiatives, de dispositifs, de lieux et locaux, et d’évenements et manifestations qui peuvent se réclamer de la technologie libre. Cet éventail recouvre non seulement des différences de nature, d’ordre de grandeur, d’intentions et de public visé, mais aussi des différences d’approche qui tiennent de sensibilités socio-politiques différentes. Mais il n’est pas à nous de juger qui donc peut à bon droit se réclamer de la technologie libre si il s’en reclame. L’on peut néanmoins essayer de marquer quelques jalons afin d’établir certaines distinctions utiles.

La première distinction concerne le degré d’ouverture vers l’exterieur de ces phénomènes de technologie libre. Soit formulé autrement, les initiatives, lieux ou événements concernent-t-ils les initiés ou s’adressent-t-ils à une plus large audience qui n’est pas necessairement trait au fait des TIC ? Par exemple, certains lieux de hackers ont le caractère de ’cercles fermés’ (relativement), alors que d’autres se sont donnés une mission de ’pédagogie’ (avec plus ou moins de succès). Ces différences, qui recoupent quelque peu la distinction entre les concepts de ’démocratie interne’ et de ’démocratie externe’, peuvent, à la limite, donner lieu a des questionnements épineux, allant jusqu’à la remise en cause du bien-fondé voire de la légitimité de certaines de ces initiatives.

La deuxième distinction a trait au degré d’engagement ou d’implication politique des acteurs/actrices qui animent ces initiatives, lieux ou rassemblements. Là aussi, il existe un éventail qui va d’une affirmation de neutralité politique à un engagement fort, en général pour une ligne politique ’progressiste’ (altermondialisme, féminisme, écologie politique, voire anarchisme). Les hackers ’purs’, ceux/celles dont l’intérêt principal va vers la technologie se voient fréquement associés au premier pôle, qui correspond par ailleurs souvent à la variante ’fermée’ mentionnée plus haut, alors que les ’activistes technologiques’ se retrouvent plutôt vers l’autre bord. Mais là aussi, il faut se garder de généralisations abstraites, la réalité est souvent beaucoup plus nuancée, et parfois même surprenante, pour exemple, le très haut degré de technicité des hackers ’hindous fondamentalistes’, d’extrême droite. Ceci rejoint d’ailleurs une ’vieille querelle’ où l’on voit d’une part les manifestations quasi-anarchistes (ou ’libertaires de gauche’), caractéristique du mouvement des ’hacklabs’ et des ’hackmeetings’ comparée au pragmatisme ’hollandais’, voire ’californien’ (à l’occasion qualifié de (techno-)’libertarien de droite’) qui serait plutôt l’appanage des ’hackerspaces’ et des grands rassemblements type ’Chaos Computer Camps’ ou évenements ’H’ (HOPE, HAL, etc.).

La troisième distinction, très liée à la précédente, serait, tentativement, géographique. Tentativement, car là aussi la généralisation est mauvaise conseillière. Mais l’on peut cependant discerner, en Europe, une ’ligne de démarcation’ Nord-Sud, ou les phénomènes de technologie libre sont beaucoup plus fragmentées, basiques (c’est-à-dire à faible budget, souvents établis dans des squats et faisant large usage de matériel recyclé), en un mot, anarchiques, dans le Sud du continent, alors que ces mêmes manifestations, dans le Nord ont un caractère plus ’lourd’, plus organisé - cela tout en étant auto-gérées - et avec des ressources souvent beaucoup plus conséquentes. Cela tient en grande partie, aux disparités historiques, culturelles, et socio-économiques entre ces deux parties du continent Européen, mais également aux choix ’politiques’ opérés par les animateurs/animatrices de ces dispositifs, locaux et manifestation de technologie libre (ce qui explique pourquoi il y a un ’hacklab’ a Oslo, et des membres du Chaos Computer Club en Espagne). Il y a même un insidieux élément linguistique qui joue un rôle avéré : la connaissance et pratique de l’Anglais, bien plus répandue et acceptée au Nord qu’au Sud. Ceci met les ’Nordistes’ de façon quasi-naturelle en cheville avec des influences venant de l’aire anglo-saxonne et surtout états-unienne.

Ceci nous amène à une dernière et quatrième dimension, qui concerne la réception par la société environnante de ces phénomènes de technologie libre. Là aussi il y a un bouquet de possibilité, mais il faut tout d’abord bien reconnaître que dans la plupart des cas, ces phénomènes restent relativement marginaux et minoritaires par rapport à la perception des TIC par les instances établies et par le grand public. Celles-ci restent en effet généralement perçues comme appartenant au domaine des experts professionels, et des organismes commerciaux ou étatiques qui les emploient. De manière analogique à ce qui a été décrit plus haut, ces phénomènes de technologie libre peuvent être perçus par la société - et les médias ! - de manière plus ou moins positive, allant de la surprise admirative (mais c’est rare) à la dénégation pure et simple (hélas plus fréquente). La façon dont ces initiatives, lieux, ou évènements communiquent leur message joue évidemment un rôle non négligeable dans cette perception. L’affirmation d’appartenir à la galaxie des ’nouveaux mouvements sociaux’ telle qu’elle a été consciencieusement cultivée auprès des médias et de la politique par les groupes hackers hollandais et allemands leur a fait certainement plus de bien que des positions de rejet de la société, voire de sédition. Cela explique, du moins pour une part, la remarquable popularité du Chaos Computer Club Allemand par exemple, et de sa ’communication’ très pointue pour ce qui est de ses interventions ou évènements, là où ses homologues italiens, plus adeptes du language ’groupusculaire’ ou du silence conspiratoire, ont souvent à souffrir d’une répression musclée dans l’indifférence générale.

Dans toute cette constellation, la France représente un cas un peu particulier - pour ne pas dire unique. Il suffit de rappeler que le premier rassemblement ouvertement ’hacker’ n’eut lieu que l’été dernier (HSF2008, dans la proche banlieue de Paris). Ce qui fit dire à Bruce Sterling, le célèbre écrivain cyberpunk, écrivant là-dessus dans dans le magazine WIRED : “OK, ce ne sont pas rien que des hackers - ce sont des hackers FRANCAIS !”. Pour sûr, il y eut un grand nombre de manifestations tenant de la technologie libre, des initiatives se sont développées dans ce sens depuis belle lurette, et le logiciel libre lui-même jouit en France d’une substantielle popularité, à témoin la large diffusion de magazines tels que Linux-France. Néanmoins on discerne une réticence manifeste à aller ’aussi loin’ qu’à l’étranger dans bien des domaines, en particulier en ce qui concerne la prise de position autonome, indépendante et la pratique affirmée de l’autogestion. Ces concepts ont toujours été, et restent encore, suspects dans le contexte du ’système à la francaise’, où, par ailleurs le rôle direct ou indirect, pour ne pas dire la mainmise, de l’état et de ses organes ou inféodés sur le développement de la technologie est bien plus prononcé qu’ailleurs. Quant aux hackers, elles/ils font en France l’objet d’une surveillance étroite, pour ne pas dire paranoïaque, ce qui, jusqu’à présent, leur confère les caractéristiques d’un mouvement clandestin, perçu comme subversif, ce qui n’est pas particulièrement favorable au partage ouvert des savoirs indépendants les plus poussés.

Mais, dans un certain sens, la situation française n’est pas aussi mauvaise que cela, et peut-être même, à certains égards, plus favorable à l’épanouissement de la technologie libre que dans d’autres pays européens voisins. En effet, si le phénomène ’hacker’, et autres manisfestations ’anarchistes’ sont malv(en)us, les autorités, surtout locales, semblent avoir de la sympathie pour les initiatives associatives, ’citoyennes’, tendant à la diffusion des TIC, les facilitent et les soutiennent. Cela peut mener à ce que celles-ci aient une plus grande implication locale et une moindre réputation d’être pour technophiles (et mâles) uniquement. Le revers potentiel, mais non nécessaire, de la médaille étant alors une possible dilution du message politique de la technologie libre qui fait partie intégrante de sa nature.

English

NB : All terms used here must be read as gender-neutral !
Free technology in Europe : places/ spaces, initiatives, and events.

We define as belonging to the realm of ’free technology’ those initiatives, events and places which have ITC as their main domain of activity AND are autonomous, self-organised, as far as possible (as circumstances differ according to their respective countries) non institutionalised (or as little as possible), and are, preferably also, not subsidised. It is clear that adherence to stringent criteria and the clear-cut borders would be near impossible and self-defeating to our purpose. Suffice to say that we will in any case not consider purely commercial or primarily profit-oriented ventures, however creative, artistic, innovative, free software embracing, or simply co-operative, as part of our purview.

Self-organisation is a governing principle of such intiatives, places and events. This stems from the strong urge towards independence and autonomy felt by their organisers, who are usually suspicious of existing academic and cultural institutions - to say nothing of some other agencies of the state, or corporate bodies in general. A certain, and usually not unwarranted, wariness regarding the technical competences of mainstream institutions is another motivating factor for the DIY approach. This much for theory. As we will see, there may be situations and circumstances warranting a more ’adaptive’ approach from the actors concerned.

Free and/or Open Source (’F/OSS’ - or, if you like, ’FLOSS’, Free/Libre and Open Source Software) software is ’of course’, the other essential element of these ’free technology’ initiatives, places, and events. This principle suffers much less ’tweaking’ than the previous one. the choice between free and proprietary software is a binary one, and pretty well absolute. There are some marginal exceptions, usually benefiting Apple rather than ’a firm from Redmont, WA’. Also, the ’non-trivial differences’ existing between ’Free Software’ and ’Open Source Software’ (in the field of users licenses for instances, but not only) should not be lost of sight altogether, even though they are less relevant to our present purpose.

The actors operating in these domains may be subsumed under the term ’hackers’, or ’technological activists’. ’Hacker’, unfortunately, may not be easy to define, among other things because ill-informed, sometimes disingenuous media have cast a pale of fear and confusion over the term - so may be ’coder’ would be a better choice. ’Technological activists’, on the other hand, may range from militants having schooled themselves in ICT, to activists not necessarily able to programme, or ’code’, but very much aware of the issues at stake. Hence, suffice to say that all these actors have at least a modicum of active knowledge of ICT and its tools. Additionally, next to all of these actors are keen users or even zealous propagators of F/OSS.

’Free technology’, being so evidently linked to the practices and philosophy of free software, has by the same token also an almost automatic affinity with resistance movements against the current socio-economic and political dispensation axed on business, profit, competition and individual(ist) values. Hence, all places and instances of free technology, whether existing on the ground or ’only’ on the net, whether (semi-)permanent or temporary (Hakim Bey’s famous ’T.A.Z.’), are, as opposed to the ’mercantile’ mainstream, about togetherness,sharing, solidarity and collaboration.

This being said, the initiatives, places and events who can claim to belong to the realm of free technology remains quite large. This does not only refer to differences in nature, size, scale, object, aims, and target group, but also to different categories of world views belonging to different socio-political affiliations of the actors concerned. It is not for us to judge who rightfully may claim to belong to the domain of free technology when and if they do so, but it might nonetheless be useful to put out some markers in order to establish some useful distinctions.

The first distinction may be made according to the degree of openness of the manifestation of free technology one is looking at. Or to put it differently, do we look at something that addresses an in-crowd, or does it aim at a larger (not yet ICT-initiated) constituency. Some hacker ’spaces’, for instance, have the characteristics of (more or less) ’members-only clubs’, whereas others have a more ’pedagogic’ objective (with a varying degree of success). These differences present some analogy with the rather vexed issue of ’internal’ versus ’external’ democracy, and may in the worst case lead to heated discussions concerning the bona fides, or even the legitimacy of such initiatives. This happened, for instance, at the Florence Hackmeeting ’Hack.it98’, where the Dutch ’delegates’ from Hacktic/ XS4ALL were heckled as suspiciously succesful and thus scandalously commercial, and far too law abiding to boot - XS4ALL’s site being temporarily defaced as “XS4COPS”…

The second distinction is about the degree of politicisation of actors and initiatives, places, or events under review. This varies between alleged neutrality in matters political to a far-reaching commitment to a, generally ’progressive’, cause (eg. counterglobalism, political ecology, or anarchism). ’Pure’ hackers/geeks, whose principal interest is with technology itself, are frequently associated with the former end of this continuum, which incidentally, often also matches with more ’closed’ manifestation of free technology. On the other hand, ’techno-activists’ end up at the other side of the continuum. One should however not generalise rashly here, as reality is a much more mixed bag, sometimes surprisingly so - take for instance the very high degree of IT saviness of extreme right-wing ’hindu fundamentalist’ hackers. This incidentally brings us to an ’evergreen’ in free technology circles : the wide disparity between the quasi-anarchistic character of ’hacklabs’ and ’hackmeetings’ as opposed to the more pragmatic ’hackerspaces’ and gathering like the Chaos Computer Camos and the ’H-bashes’ (HOPE, HAL, etc.). ’Left wing’ libertarism versus ’right-wing’ (techno-)’libertarianism’ - who can tell ?

The third distinction, closely related to the second one, is tentatively geographical. Tentatively, because here too, generalisation is not a reliable guide. Nonetheless it is possible to distinguish, in Europe, a frontier of sorts between a South, where free technology phenomena are more fragmented, run on a more basic level (no-budget approach, squatt-based, using massively recycled computers), anarchic in one word, and the North, where the same are on a large scale on average, are far more organised, without losing their DYI character, and this also with often far larger resources at their command.

This can be largely explained by historic, cultural, and socio-economic disparities between the two parts of the European continent, but also by ’political’ choices made by free technology actors themselves (this is why there is a ’hacklab’ in Oslo, while the Chaos Computer Club has some members in the Spanish state). Even language, in this case English, has an insidious role to play : command of the ’imperial tongue’ is much more widespread - and accepted - in Northern than in southern Europe. Methods and contents from the anglo-saxon, and especially Nort-American (USA) come therefore more ’naturally’ to free technology gigs in Northern Europe.

This brings us to the fourth, and last, distinction, regarding the way society at large perceive these manifestations of free technology. Here too there is a range of possibilities, but first of all, one must recognise that free technology remains a marginal and minoritary ’blip’ within the public’s perception of ICT in general, which is more usually associated with the caste of professional experts and the (big) firms that employ them. In a way mirroring what we have already discussed, perception of free technology and its manifestations vary in the public eye and the media between surprised admiration (rare) and contemptuous denial (more frequent, alas) - or worse. Naturally, quite a substantial role in this perception is played by the way such initiatives, places and events, communicate about themselves. It can be shown that a policy of self-portrayal as a ’social movement’, as Dutch and German hacker groups have assiduously carried out, may bring in richer dividends than a contrarian, rebelious, even at times riotous, reputation. This for instance explains (partially) the remarkable popularity of the German Chaos Computer Club, whose ’communication’ regarding its initiatives and ’camps’ is nothing less than professional, whereas their Italian bethren, more prone to militant discourse and conspirational secrecy are often subjected to harsh ’law enforcement’ by the powers that be amidst indiferent, if not hostile, media coverage.

In all this, France appears (yet again !), as a rather special, not to say, unique, case. Suffice to mention that the first truly and openly ’hacker’ event took place only last summer : HSF2008, in a suburb near Paris. (“Okay, they’re not JUST hackers – they’re FRENCH !” - Bruce Sterling, announcing the event in WIRED magazine). For sure, there have been a good number of free technology events, initiatives pertaining to the same have sprung up for years now, and F/OSS is at least as popular in France as in many other parts. Nonetheless one can observe a distinct reluctance to go as far as ’everyone else’ (in foreign countries) regarding autonomy, independence, and self-help. For ages, such notions have been hold in suspicion, and still are, within the ’French order of things’. Also the role of the state in the development and deployment of technology, whether in a direct or an indirect way, has always been far more important than in many other countries. Finally, as regards hackers, these have been subjected to such a comprehensive, not say paranoid, surveillance ever since their emergence, that they have for all practical purposes become an underground movement, a situation not really conducive to public sharing of the most advanced forms of independent technical knowledge.

But in fact, the French situation may not be as bad as would appear de prime abord. It might even be in certain aspects more favorable than in more ’liberal’ neighboring European countries. However the ’hacker’ phenomenon, and related ’anarchist’ occurrences maybe frowned upon in France, the authorities, especially local ones often take a sympathetic view of ’associative’, ’citoyen’ (the magic French word for anything conforming the citizenship credo) initiatives, and tend to facilitate and support them. This may lead to these being more embedded in the community and less seen as an exclusive preserve of socially challenged (male) nerds. But then, it could also potentially, though not necessarily, dilute the political message of autonomy and freedom that constitutes attendant but essential part of the practice of free technology.